À gauche : échange officiel de documents entre le Recteur KUIATE et le Vice-Chancelier de l’Université de Nairobi. À droite : délégation de l’IUEC et leadership de l’Université de Nairobi lors des visites de courtoisie, 21 mai 2026.

Mission Nairobi 2026 : l’IUEC renforce sa coopération scientifique avec l’Université de Nairobi, l’UNICEF et les grands réseaux africains de recherche

Coopération scientifique : l’IUEC tisse son réseau panafricain depuis Nairobi

Du 18 au 25 mai 2026, le Recteur de l’Institut Universitaire Évangélique du Cameroun (IUEC), le Professeur Jules-Roger KUIATE, a conduit dans la capitale Kenyane une mission académique et scientifique d’envergure qui marque un tournant décisif dans la stratégie d’internationalisation de l’institution.

 

Nairobi n’est pas seulement le cœur économique de l’Afrique de l’Est ; c’est aussi l’un des poumons de la recherche scientifique du continent. C’est ici que l’IUEC a choisi de poser ses valises pour donner une impulsion décisive à son Plan Stratégique de Développement 2025-2030. Loin des simples visites de courtoisie diplomatique, cette mission d’une semaine a dessiné les contours d’une coopération universitaire concrète, visant à jeter des ponts durables entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est.

Un Mémorandum d’Entente désormais opérationnel avec l’Université de Nairobi

Clé de voûte de la mission, la journée du 20 mai 2026 a été entièrement consacrée à la validation d’un Plan d’Action Conjoint 2026-2028 avec le Département de Santé Publique et Globale de l’Université de Nairobi (UoN).

L’objectif n’était pas de signer un nouvel accord symbolique, mais d’opérationnaliser concrètement le Mémorandum d’Entente signé l’année précédente entre les deux institutions. Les travaux ont abouti à une feuille de route structurée autour de plusieurs axes stratégiques :

  • la création d’un double diplôme de Master en Santé Publique (MPH) ;
  • la mobilité académique d’étudiants et d’enseignants entre le Cameroun et le Kenya dès 2027 ;
  • l’organisation de cours intensifs et d’écoles d’été bilingues français-anglais ;
  • la co-supervision de mémoires et thèses de Master et de Doctorat d’ici 2028 ;
  • l’harmonisation des curricula de Master en Santé Publique (MPH);
  • le développement de projets de recherche conjoints et de publications scientifiques co-signées.

À court terme, les deux universités ambitionnent la soumission d’au moins une proposition de recherche conjointe dès 2026. À l’horizon 2028, l’objectif est d’atteindre dix étudiants inscrits dans le double diplôme MPH, deux projets de recherche financés et l’organisation d’un symposium scientifique international.

Le lendemain, le Vice-Chancelier de l’Université de Nairobi a reçu le Recteur Kuiate en audience officielle, apportant le soutien explicite du plus haut leadership de l’institution kenyane au partenariat avec l’IUEC. Cette reconnaissance institutionnelle confère au projet une assise durable et stratégique pour les années à venir.

À gauche : échange officiel de documents entre le Recteur KUIATE et le Vice-Chancelier de l’Université de Nairobi. À droite : délégation de l’IUEC et leadership de l’Université de Nairobi lors des visites de courtoisie, 21 mai 2026.

 

UNICEF Kenya : l’IUEC au cœur des enjeux africains de nutrition et de santé

Le 19 mai 2026, la délégation de l’IUEC a été reçue au Bureau Pays de l’UNICEF Kenya aux côtés des étudiants de Master en Santé Publique de l’UoN.

Sous la conduite du Dr Ismael Teta, Chef de la Nutrition à l’UNICEF Kenya, les échanges ont porté sur les programmes de nutrition, de santé infantile et de protection sociale déployés au Kenya, ainsi que sur les modalités de collaboration entre les universités africaines et les agences internationales.

Cette rencontre a permis d’identifier plusieurs convergences entre les programmes de la Faculté d’Agronomie et des Sciences Environnementales (FASE) de l’IUEC et les priorités de l’UNICEF en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de recherche opérationnelle. Des opportunités de stages, de terrains de recherche et de collaborations académiques ont également été évoquées pour les étudiants de l’IUEC.

 

Le SEI et l’ICRAF : ouvrir l’IUEC aux grands réseaux environnementaux internationaux

La mission a également permis d’engager des discussions prometteuses avec le Stockholm Environment Institute (SEI), institut international de référence sur l’environnement et le développement durable.

Les échanges ont révélé de fortes synergies autour de thématiques stratégiques telles que : le One Health ; l’agroforesterie ; la fertilité des sols ; la santé des plantes et des agriculteurs ; la nutrition ; l’intelligence artificielle géospatiale et les systèmes d’information géographique ; les chaînes de valeur agricoles, notamment celle du caoutchouc.

Ces orientations rejoignent directement les ambitions scientifiques de la FASE-IUEC ainsi que le développement de la plateforme agropastorale AGRO-BANDJOUN actuellement en perspective par l’institution.

Le SEI a également encouragé un rapprochement opérationnel avec le bureau camerounais de l’ICRAF afin de favoriser des projets de recherche transfrontaliers Cameroun-Kenya et l’intégration de l’IUEC dans les grands réseaux scientifiques internationaux.

Une ouverture stratégique vers l’APHRC et la science des données en santé

La trajectoire s’est accélérée lors d’une session de travail avec le Dr André Pascal Kengne, Directeur des Programmes de Recherche à l’African Population and Health Research Center (APHRC). Au menu : épidémiologie, maladies chroniques, et surtout, l’intégration de la data science et de l’intelligence artificielle appliquées à la santé.

« Les universités africaines doivent impérativement produire des données probantes capables d’influencer les politiques publiques », a martelé le Dr Kengne devant la délégation, résumant le crédo du centre : Recherche → Preuve → Influence → Impact.

ILRI et CGIAR : l’IUEC entre dans les grands réseaux mondiaux de recherche agricole

Le second volet de cette mission ciblait l’agronomie du futur. L’IUEC a initié des discussions hautement stratégiques avec le Stockholm Environment Institute (SEI) et l’International Livestock Research Institute (ILRI), ce dernier étant membre du prestigieux réseau mondial CGIAR (doté d’un budget annuel de 90 millions de dollars).

Les experts ont exploré des thématiques à la pointe de la recherche environnementale actuelle :

  • L’approche intégrée One Health (santé unique humaine, animale et environnementale).
  • L’élevage climatiquement intelligent et la digitalisation des données agricoles.
  • L’intelligence artificielle géospatiale appliquée aux systèmes d’information géographique (SIG).
  • L’optimisation des chaînes de valeur, notamment celle du caoutchouc.

Pour ancrer ces discussions dans le paysage d’Afrique centrale, le SEI a préconisé une alliance opérationnelle immédiate avec le bureau camerounais de l’ICRAF (World Agroforestry), favorisant ainsi des projets de recherche transfrontaliers.

AGRO-BANDJOUN : une vision qui prend forme

La visite du Campus Kabete de l’Université de Nairobi a particulièrement inspiré la délégation de l’IUEC. Les plateformes de formation pratique en nutrition, les laboratoires de transformation alimentaire et les espaces de démonstration observés constituent des modèles pertinents pour le développement de la plateforme AGRO-BANDJOUN.

L’expérience kenyane conforte la vision de l’IUEC : bâtir à Bandjoun un écosystème de formation pratique, de recherche appliquée et d’innovation agroalimentaire au service du développement local et régional.

Les défis de l’après-Nairobi

Au terme de cette mission, l’IUEC se positionne de plus en plus comme un acteur académique crédible dans les réseaux africains de recherche, de santé publique et d’innovation.

La prochaine étape n’est pas moins déterminante : transformer ces avancées diplomatiques et scientifiques en projets opérationnels, mobilités étudiantes, financements compétitifs et publications internationales.